Qu’est-ce que le Capital Altruiste ?

C’est une initiative visant à aider le développement des causes humanitaires en les dotant de moyens financiers plus importants à travers l’accès au capital d’entreprises privées : les entreprises altruistes.

Les entreprises altruistes sont des entreprises tout à fait normales au sens économique du terme. Elles ont les contraintes économiques (performance, rentabilité,…) des entreprises traditionnelles. Mais, à un moment de leur développement – souvent lors de la création de l’entreprise – des actionnaires ont décidé qu’une partie du Capital de l’entreprise serait donnée à une cause humanitaire. Ils ont eux-mêmes choisi cette cause.

Notre objectif est de susciter la création d’un maximum d’entreprises altruistes, d’aider à leur développement et, à travers la valeur que créent ces entreprises, de donner un maximum de moyens aux causes humanitaires qui les détiennent.

Pourquoi une telle initiative ?

Pour limiter les effets les plus dévastateurs de la mondialisation, de la destruction des ressources au basculement inévitable vers la guerre, rien n’est possible sans puissance financière. Les intérêts économiques en jeu sont trop grands.

Il faut lutter contre l’argent avec l’argent pour pouvoir agir économiquement, politiquement, industriellement au même niveau que les acteurs économiques déjà présents.

Les organisations humanitaires ont toujours été financées par de simples dons. Pourquoi est-il important d’agir en Capital ?

Le Capital fournit un effet de levier financier incomparable. La valeur d’une société en Bourse correspond à plusieurs années, ou plusieurs dizaines d’années, de bénéfices.

Jusqu’à présent, le levier financier fourni par le capital profite uniquement au développement de l’action économique privée mais l’action humanitaire n’y a, à de rares exceptions près, pas accès.

En conséquence, il y a un décalage de plus en plus important entre les effets collectifs de l’activité économique humaine et la somme des volontés individuelles des hommes.

Le Capital Altruiste est une nouvelle forme de développement économique humain qui vise à réduire au maximum ce décalage.

Quelles entreprises ont vocation à devenir des entreprises altruistes ?

Toutes les entreprises peuvent, à un moment ou à un autre de leur histoire, devenir altruistes puisqu’il s’agit simplement d’une restructuration financière de leur capital.

Cependant, nous avons identifié, dans un premier temps, deux cas spécialement bien orientés :

- les créations d’entreprises

Lors de la création d’une entreprise, le – ou les – fondateurs peuvent vouloir marquer au fer rouge leur volonté de jouer un rôle altruiste dans la société.

Ils peuvent donc, à la création de l’entreprise, décider de donner un pourcentage du capital à un ou des causes qu’ils souhaitent développer. Certaines de ses entreprises se développeront, d’autres échoueront, mais progressivement, les moyens apportés aux associations humanitaires seront énormes : plus de 80% de la capitalisation du Nasdaq résulte d’entreprises qui ont moins de 30 ans.

Pour un entrepreneur, savoir qu’au quotidien, en agissant pour son entreprise, il agit aussi pour la collectivité peut être une source de motivation puissante – très souvent, l’entrepreneur n’a pas de temps pour agir autrement. Cela peut-être aussi une source de motivation et d’inspiration pour les clients et les salariés de l’entreprise.

Des millions de citoyens, aujourd’hui, se demandent quoi faire, comment agir. Ils n’ont pas vraiment de solution à leur disposition. Il faut finalement pas mal de moyens pour s’engager à plein temps dans une mission humanitaire. De telles sociétés altruistes leur permettent d’avoir un emploi « normal » avec une vraie mission, bien différente des traditionnelles missions d’entreprise.

Des membres d’association humanitaire peuvent aussi décider d’agir de façon différente en décidant de créer leur propre entreprise altruiste.

En donnant un maximum de visibilité et de reconnaissance aux Entreprises Altruistes, nous essayons de favoriser leur développement, pour que le don initial de capital effectué par les fondateurs puisse aussi leur profiter économiquement, dans la mesure du possible.

Il faut voir le Capital Altruiste comme un nouveau moyen de développement des entreprises – le Capital Altruiste est bien le pendant collectif du Capital Risque.

- Reconvertir les projets Open Source en entreprises

Lancé en 1984, le mouvement Open Source a pour objectif de favoriser la libre circulation des connaissances et des logiciels (en opposition avec les stratégies privées de sociétés telles que Microsoft), de faire collaborer les ingénieurs et de mettre à la disposition de tous le résultat de leurs travaux.

Les projets Open Source sont des projets altruistes par nature.

[Dans le mouvement Open Source, il y a toute la puissance de l’action collaborative, d’Internet, de la mondialisation autour desquels s’organisera le XXIème siècle. L’Open Source préfigure ce que pourra être demain l’action collective – il inspire même déjà des sociétés constituées de développeurs qui travaillent essentiellement à distance.]

On ne peut pas nier l’impact énorme de l’Open Source sur la société au final puisqu’il est à la base d’Internet, mais on peut critiquer le manque relatif d’ambition de l’idée « Open Source » : liberté de circulation et la gratuité d’un logiciel sont des notions vides si on ne leur donne pas un sens.

Les inventeurs de la licence libre n'ont eu comme seule idée que de se débarrasser des inconvénients liés au droit d'auteur mais il n'en résulte aucune action de nature positive pour le monde. Il est en fait curieux qu'il n'y ait pas de grande association humanitaire fondée sur l'utilisation positive des droits d'auteur. Il est étrange que des milliers de développeurs passent leur temps à développer sans but autre que la gratuité, plutôt que de développer pour une cause positive, quelle qu'elle soit.

Le Capital Altruiste donne un cadre économique et juridique applicable à tous ceux qui, souhaitant développer des technologies de façon collaborative pour des motifs altruistes, préfèrent le faire sous forme d’Entreprise Altruiste plutôt que de projet Open Source.

Il est tout à fait possible, en partant de projets Open Source, de créer des entreprises « purement altruistes » dont la totalité du Capital appartient à nue association humanitaire.

En général, les projets Open Source ne peuvent pas être « tels quels » transposé en entreprises car ils ne rassemblent que des techniciens. Il faut pouvoir faire rentrer dans les projets de purs entrepreneurs économiques pour créer un modèle d’entreprise. Faire connaître l’initiative auprès d’une population actuellement totalement étrangère à ces projets est une des composantes de notre action.

Les entreprises altruistes peuvent-elles être viables ? Ne seront-elles pas moins efficaces que les autres ?

Les entreprises altruistes ne diffèrent en rien des entreprises classiques, si ce n’est que leur capital (ou une partie significative de celui-ci) appartient à une cause de nature humanitaire.

Aucune contrainte supplémentaire d’aucune sorte n’existe quant à leur gestion, leur éthique.

Aller plus loin, tenter de moraliser les actions des entreprises, aurait des effets pervers sur l’efficacité de l’action altruiste elle-même, en réduisant la valeur créée par les entreprises, et donc les moyens des causes qu’elles servent.

Ce serait aussi le début d’une forme d’inquisition politiquement correcte que nous voulons absolument éviter.

Bien au contraire, l’ouverture du capital de l’entreprise est un moyen potentiel de développement très important:

  • Donnant un sens collectif au travail des salariés, il permet d’attirer les meilleurs d’entre eux et de les rendre plus performants. Il rend les équipes plus soudées.

  • C’est aussi un point très positif pour les clients de l’entreprise


Il existe déjà des entreprises «éthiques ». Il existe même des fonds d’investissement éthiques.

Les entreprises altruistes n’ont rien à voir avec les « fonds éthiques » ou les « sociétés éthiques » actuelles. Les fonds éthiques, en théorie, doivent bien valider le caractère éthique des sociétés de leur portefeuille, mais, outre le fait qu’on peut douter de la qualité de ce contrôle puisque leur but est finalement de faire de l’argent, il n’ont aucune action « bienfaisante » en tant que telle et souvent le caractère éthique du fonds n’est qu’un prétexte « marketing » visant à attirer des capitaux ou des clients.

Il en est de même de la plupart des opérations « altruistes » de sponsoring menées par les sociétés (avez-vous remarqué que presque tous les sociétés du domaine de l’énergie financent des campagnes pour une planète plus propre ?).

Au contraire, le pourcentage de capital d’une entreprise qui appartient à une cause valide, structurellement et quantitativement, de façon incontestable, la nature et l’intensité de son engagement.

Ne pensez-vous pas que les entreprises éthiques peuvent aussi être hypocrites et que certaines entreprises veulent acquérir ce statut dans un but purement intéressé, pour bénéficier des retombées ?

C’est tout à fait possible, mais nous ne cherchons pas à analyser dans les motivations profondes des entreprises – ou plutôt de leurs actionnaires, parce que le mécanisme du don en capital nous garantit que, quelles que soient leurs intentions initiales, le résultat sera bénéfique aux causes humanitaires en proportion du capital fourni.

Nous délivrons des labels en fonction de l’importance du capital altruiste donné par l’entreprise. L’obtention de ces labels garantit la réalité du don, ainsi que le caractère humanitaire de la cause choisie.

Quels sont les fondements philosophiques du Capital Altruiste ?

Marx est mort. Les tentatives alternatives au Capitalisme (communisme, alter mondialisme…) ne sont plus crédibles.

Le Capital Altruiste rend les associations humanitaires plus riches ; il fournit une méthode, reproductible à l’infini, pour qu’elles entrent au capital des entreprises.

Comme le micro crédit, il se développe avec la mondialisation et non pas contre la mondialisation. Comme pour le micro crédit, c’est là sa principale force.

Dans un monde qui est et qui restera marchand, le Capital Altruiste permet de corriger les excès de la Main Invisible, par l’insertion de la sphère altruiste au sein de la sphère économique.

Il donne un poids économique beaucoup plus grand aux acteurs altruistes et leur permet de modifier le point d’équilibre général atteint par l’économie, dans un sens plus favorable aux intérêts de l’Humanité.